Dans deux ou trois jours, selon que votre crèche se situe aux Aldudes ou quelque part ailleurs sous d’autres latitudes, un enfant fêtera ses 2011 ans. Certains naïfs croient savoir qu’il est le fils du Père Noël. Au village d’Hélette, dans le pays des basques, un âne et un boeuf, rescapés de la foire aux bestiaux, vivent tranquillement sans penser à leur âge. Ils savent simplement que les jours sont plus courts et que les nuits bien plus longues en cet hiver maussade. Quelques bergers descendus de la montagne, d’Iraty, d’Urepel ou bien de Baïgorry offriront aux passants un sourire toujours empreint de politesse.
Avez-vous remarqué combien un sourire rend la vie plus belle ? Un sourire auquel on n’est plus habitué. La politesse aussi. Une politesse conjuguée au présent, ni conditionnelle, ni passée. Parfois plus que parfaite lorsqu’elle rime avec fêtes. De Noël, de fin d’année, du nouvel an.
Pendant que les journaux parlent toujours de crise pour nous désespérer de l’avenir, les vitrines sourient. D’un coup de baguette magique, vêtements et chaussures, casseroles et autres babioles sont devenus poupées, pantins et gros nounours, marrons glacés et chocolats.
Chez les libraires, les grossiers et communs personnages des romans « goncourisés », « féminisés » ou bien « interalliés » ont fui sans traînes ni étrennes. Seuls quelques livres animés content qu’au temps jadis « - Il était une fois ... ». Les confiseries se donnent des airs de Palais de Dame Tartine pour Seigneurs de gourmandises. Aux marchés de Bayonne, de Biarritz ou de Saint-Jean-de-Luz, entre foies gras et terrines, homards et langoustes, poulardes et boudins, les truffes odorantes narguent de leur nez de chien de chasse le gibier qui sommeille.
Dans les rues qui cheminent, l’Olentzero croise le marchand de marrons. La cendre grasse de ses doigts grime au charbon de bois les bouilles des enfants dont les rêves, déjà, vont vers la cheminée.
Le 25 décembre, Amatxi ne fera pas de feu dans l’âtre qui grelotte. L’appel plaintif du vent s’y engouffrera, tranquille, en attendant minuit. Les enfants sont ravis, les parents se réjouissent : le Père Noël ne fait jamais la grève, les cadeaux seront livrés à temps !
Un bloc 2011, relu nonchalamment, confirme feuille à feuille que l’année se termine. Un être aimé s’en est allé, la vie s’écroule. Un autre qui nous ignorait a fait de même, la vie s’écoule. Les larmes coulent, certains roucoulent. Le nouvel an approche. Au coin du feu brûlant, échevelé et fou, chaleur et insouciance nous annoncent, peut-être, une année de bonheur. Naïvement, nous y croirons jusqu’au douzième coup de minuit ! 2011 ira aux oubliettes. Oubliés les pépins de santé, la bêtise d’un frère, l’examen raté, la colère stupide, l’incartade trop vite pardonnée ! Restent la maison un peu ballottée, mais sauve, la famille éclatée, mais vite regroupée pour éviter la casse dès qu’un problème passe...
Tout recommence en 2012 ! Fini le brouhaha des magasins. Terminées, les bousculades, les guirlandes flamboyantes, la fausse gaieté. Reste le tendre regard d’un enfant recevant le baiser attendri d’un grand père affectueux. Seul les petits enfants remettent sans tic ni tac nos pendules à l’heure. Année après année, ils redonnent vie à la Vie.
Que Noêl soit, pour vous, promesse de bonheur.
Ici, en Pays Basque, ou quelque part ailleurs où battent vos deux cœurs.
Bernard CARRERE.
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