La Soule par le chemin des escargots ...
Ce lundi 31 mars 2003 est à marquer d'une pierre blanche. BIZI ONA s'est retrouvé à Barcus chez Martine et Pierre Chilo, chef du bout du monde. Bout du monde Barcus ? Allons donc ! Saint-Jean de Luz l'est aussi pour les Souletins qui viennent s'y baigner.
La première originalité de cette rencontre est que pour la première fois, le convivium a utilisé la très efficace méthode suédoise : « soixante qui boivent, un qui conduit »
Un qui marche à l'eau et qui les reconduit à la maison. Bien sûr, c'est plus lent, mais c'est tellement plus Slow et surtout plus sûr. Les 0,40 sur l'échelle de Bacchus sont trop vite atteints en toute bonne foi, en tout bien tout honneur.
Saluons donc cette contre tactique du gendarme, adoptée par la majorité du groupe. Quant à ceux qui se sont passés de l'autocar « suédois », nombre d'entre eux ont dormi sur place, jouissant non seulement du silence et du confort ouaté du bel hôtel souletin, mais aussi d'une sympathique troisième mi-temps.
L'autre originalité de cette rencontre quasi plénière (nous étions quelque 80 convives) fut la présentation du boire et du manger de proximité, parfaite illustration de la philosophie Slow Food « restons indigène ».
Le boire de chez nous a du talent :
Nous aurons sacrifié aux Jurançon et Côtes de Gascogne, signés Charles Hours et Pierre Laplace, commentés par le charismatique Charles, ambassadeur monumental des cépages béarnais courbu et manseng (le petit et le gros), vinifiés de main de maître à Monein.
Nous aurons apprécié en lever de rideau l'Uroulat moelleux, merveille issue de raisins passerillés, puis à table, en entrée, la Cuvée Marie, autre merveille en blanc sec qui s'alliait à la perfection au carpaccio de l'autre maître Chilo. Sur la viande, on se sera régalés d'un élégant Côtes de Gascogne Laplace et enfin pour finir sur une note suave, de l'étonnant Aramis 2001, rouge foncé liquoreux : était-ce la liqueur de soif des Mousquetaires ? Ce prodige est un vin de dessert muté qui titre ses 16° (et 100g de sucre par litre), issu d'un couplage de tannat et de cabernet. A boire les yeux fermés sur un dessert chocolaté ou un pur chocolat noir. Prévoir un chauffeur suédois dès le deuxième verre…Mais en fait, ce vin n'appelle guère de resucée, étant un vin de gourmandise et non de soif.
Le manger de chez nous a de la tendreté,
sinon de la tendresse:
Aux fourneaux, bien sûr, étaient Pierre Chilo et sa brigade qui nous ont gratifiés d'un menu de circonstances, composé du carpaccio précité, d'un ris de veau en pipérade blanche, pipérade rustique et acidulée dont on se souvient bien pour l'avoir testée à Ainhoa le 30 septembre 2002.
Gigot d'agneau pour entrer dans le vif du sujet : un agneau de lait des Pyrénées du groupement d'éleveurs Axuria. Ceux-ci avaient délégué leurs président et directeur, Michel Arantset et Jean-Baptiste Queille. Nous en avons compris que l'agneau est exclusivement nourri sous la mère jusqu'à 45 jours et qu'il se passe de substances antibiotiques ou à effet hormonal. Bilan : tout simplement parfait. Les Espagnols en sont fous. Ils en font une viande festive de même que nous considérons le chapon ou la volaille de Bresse en général. Fous, nous le sommes devenus aussi, après avoir dégusté ledit fin gigot, tendre, fondant, juteux, savoureux.
Epilogue
Il y avait toutefois un bémol à la clé, avec l'absence de notre cher Président Maurice Isabal, retenu à Bordeaux au chevet de son épouse, récemment victime d'un accident domestique peu ordinaire. Nous lui souhaitons courage, bon et prompt rétablissement, message qui a déjà été transmis depuis Barcus, sous la forme d'une carte postale remplie de chaleur et de témoignages d'amitié.
Jean-Claude Petit

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