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l'Escargot et la Morue

SLOW FOOD “Bizi Ona” Absent du Pays Basque pour des raisons mensongères, Bernard Carrère a confié à l’un de ses amis, escargot de son état, donc proche de “Slow Food”, le soin de rédiger le compte rendu de notre dernière soirée. Je vous en livre, le contenu, tel que je l’ai reçu. Henri-Bernard Lapeyre. “L’escargot et la morue” Conte invraisemblable et fable de même. - C’est le propre d’un fol, contait un escargot, que de tromper ses frères. Rappelez-vous ce qu’il advint de mes ancêtres gastropodes lorsqu’ils promirent à Noé de s’occuper de l’intendance de son arche : Ils perdirent leurs jambes ! Car l’emblème de “Slow Food”, jadis, avait des jambes ! Non pas deux, comme les poules, ou quatre, comme les chiens, ou six, comme les mouches, ou huit comme les araignées. Il en avait trois ! Pour sauter aux arbres, se suspendre aux branches et faire mille tours d’un sourire éclatant. Puisqu’il avait trois pattes et aussi trente deux dents. Telle est l’histoire vraie qu’un escargot bougon Conta un soir d’automne lors d’un dîner sans charme. Alors qu’il sommeillait au revers d’un veston, Il se mit à parler tout en haussant le ton Et avoua, furieux, le coeur au bord des larmes : “- Que je passe, parfois, pour un doux imbécile, N’est pas pour me déplaire. Mais quand je vais, tranquille, Dîner en quelque endroit... je n’aime pas beaucoup Manger n’importe quoi et payer un surcoût ! Mes ancêtres, jadis, avaient trois belles pattes Mais pour s’être conduits comme de vrais voleurs, Durent, devant Noé, cesser d’être acrobates Pour vivre à jamais, en bavant et en pleurs ... Ce jour là, échoué sur le Mont Ararat, Noé, un peu chagrin, assoupi par l’ivresse, Montra aux animaux, tout simplement, ses fesses ! Sem et Japhet, ses fils, le couvrirent d’un drap, Mais Cham, son autre fils, raillant sa nudité Fut à jamais maudit, pour toujours écarté !” L’escargot de “Slow Food”, n’est pas comme Noé. Il ne maudit personne, ni ne veut écarter. Il note simplement qu’un seul dîner raté Où un chef s’est sucré, un soir, sur notre dos, Fait réagir bien plus que ceux de trois années Offerts par vingt cinq chefs à un prix très cadeau ! Parce qu’un chef a voulu une addition salée, (Alors que sa morue était trop déssalée...) Devons nous par sa faute, oublier ses confrères Et d’un coup, bêtement, remettre tout à terre ? Que nenni, gentes dames et vous nobles messieurs ! Notre prochain dîner, c’est promis, sera mieux. Quand on part de zéro, ce n’est pas difficile, Je l’affirme et je signe, Un escargot tranquille. Notre prochaine réunion se tiendra au “Relais Miramar”, le restaurant de l’Hôtel et Centre de Thalassothérapie du “Miramar”, 13, rue Louison Bobet, à Biarritz (tél.05.59.41.30.00), le lundi 20 décembre où nous serons accueilli par notre ami Patrice Demangel, Chef du Miramar et membre actif de “Slow Food”, sur le thème : “Diététique et Bien Vivre”.

La Gastronomie un Luxe Abordable

Traduction du récent édito de Carlo PETRINI, par Didier Chabrol

C'est ça la mission de SF: élever le niveau d'intérêt, d'attention et de connaissance à propos de la nourriture. Sélectionner des produits, des boutiques ou des restau n'est qu'accessoire, ce sont des moyens .

Ce n'est pas que je tienne à diaboliser l'industrie et l'industrialisation, qui nous ont sans aucun doute apporté le développement et la prospérité, mais quand on parle de nourriture, certaines choses doivent être dites. Je suis en Inde. C'est un pays qui jouit de traditions alimentaires très anciennes, et dispose d'une gamme extraordinaire de produits et de techniques de production. Pourtant j'ai vu dans le chaos de Delhi les abîmes dans lesquels peuvent tomber les produits alimentaires industriels. Qu'ils soient importés ou locaux, ces produits sont d'une qualité abominable, et souvent périmés quand ils sont vendus, sans aucun respect de la nourriture. Ce qui se vend, c'est plutôt l'idée de quelque chose de moderne, un nom de marque, qui n'a plus rien à voir avec les qualités nutritionnelles que devrait avoir ce qui se mange.. Cette abominable dégénérescence, nous y échappons en Europe grâce aux règlements sanitai-res. Elle constitue le pire des résultats d'un processus qui est en cours dans le monde entier, dans les pays riches comme dans les pauvres. Nous sommes tellement habitués à ce que notre nourriture provienne de l'industrie, que nous avons complètement coupé le cordon ombilical qui nous reliait à l'histoire gastronomique et à la connaissance de la nourriture. L'approche industrielle, que ce soit dans la production agricole ou la transformation agroalimentaire, nous a inexorablement éloignés de la réalité, nous a fait oublier ce qu'est vraiment la nourriture. Nous la recevons sous emballages colorés, vantée par une publicité qui évoque des tas d'images qui n'ont rien à voir avec le contenu de la boîte. Personne ne sait rien sur les matiè-res premières, leur origine, ni comment elles ont été transformées pour devenir ce que nous achetons au supermarché pour le mettre dans nos assiettes. Les traditions sont travesties par le marketing, tandis que des innovations tentent de recréer le passé. Ce ne serait pas un problème, si cela ne signifiait aussi la perte du respect du goût et du pro-duit. La plupart des gens ne s'inquiètent pas, parce qu'ils ne savent pas : le degré d'ignorance à propos de la nourriture a atteint un point où il n'y a plus de transmission spontanée aux jeunes générations. Autrefois, tout enfant voyait faire la cuisine, apprenait où l' on cueillait les fruits, voyait comment on élevait les animaux : ce savoir était essentiel à la survie. Mais au-jourd'hui que l'abondance règne, il n'y a plus que quelques agriculteurs et l'industrie agroali-mentaire. Nous leur avons confié tout le savoir sur la nourriture, et nous ne nous occupons plus de rien. Quelle qu'en soit la raison, nous voyons aujourd'hui quelle colossale erreur c'est de distinguer l'alimentation comme nécessité de la gastronomie comme plaisir. Ce n'est tout simplement pas vrai : la nourriture est de la nourriture, tout produit peut être bon, qu'il soit simple ou élaboré, artisanal ou industriel. La gastronomie, c'est la culture alimentaire dans son sens le plus large. Combien de fois ai-je entendu : « les gastronomes mangent bien parce qu'ils ont les moyens d'acheter des produits de haute qualité, des produits rares. Quelqu'un qui ne gagne que 1200 Euros par mois ne peut certainement pas manger comme un gastronome » ! Hé bien, ma réponse est que chacun peut être gastronome, parce que les gastronomes sont ceux qui savent bien manger dans le contexte de leur culture alimentaire, ceux qui apprennent tous les jours et qui savent où et comment acheter. Ce n'est certainement pas nécessaire de se ruiner chaque jour en foie gras et Dom Pérignon ! Un gastronome cherche la meilleure viande, le meilleur pain, la meilleure huile, il sait ce qu'il achète, d'où cela vient et comment cela a été élaboré. Un gastronome respecte le produit et le producteur, et il est prêt à payer un juste prix. Les bons producteurs méritent un revenu décent en échange du plaisir qu'ils procurent et un gastronome sait qu'il faut des ef-forts pour faire un bon produit. Mais pas la peine de se ruiner, croyez-moi ! En fin de compte, nous devons revenir à l'idée que la nourriture est précieuse, reconnaître sa valeur propre, et comprendre ce qu'elle implique en termes de coûts environnementaux, sociaux et culturels. Cela, nous devons tous le faire, du petit paysan à l'industriel, de la ménagère au gourmet.
Publié dans La Stampa, 4 octobre 2004
Traduction : Didier Chabrol

A propos de Mardi 2 : 1ière reunion du Comité d'Action

Bonjour,
je me pose aussi la question de savoir si 90 minutes vont suffir à éclaircir notre plan d'actions afin de mettre sur pieds les orientations générales qu'est en train de  prendre les projets ambitieux de Slow-Food Pays basque. Et c'est super!! Mais bon , je suis sûr que nous arriverons à avancer.
J'espère fortement pouvoir bien vous aider dans cette entreprise et vous souhaite bonnes réflexions jusqu'à ce jour du 2.
A très bientôt
Sophie

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