« Marché à la Ferme au Domaine BORDATTO à JAXU | Accueil | Viser la lune .... »

Slow Slow Slow

Ne ratez pas  le N° 57  de  la  revue Slow Food International  (dont  voici  la  couverture & l'edito)

Sf_couv_2 Un article publié au Canadian National Post il y a environ deux mois racontait comment un certain John Brown, «né et élevé à Calgary», s'est perdu au volant de sa Jeep Cherokee dans la banlieue de sa propre ville. «Sans s'en rendre compte, il a pris une mauvaise direction, s'éloignant des vagues successives de quartiers résidentiels aux maisons faites à la chaîne et des Wal-Mart et des Home Dépôt qui les approvisionnent.» Brown a fini par retrouver son chemin à travers cette morne étendue, mais cet incident l'a marqué. En tant qu'«architecte devenu militant», il n'a pu s'empêcher de penser que d'autres plans d'urbanisme devaient exister. Une alternative à ce modèle suburbain standard tel qu'on le retrouve de Bombay à Manchester, de Rio à Rome. C'est ainsi qu'est né le mouvement Slow Home. «Comme le fast food nous sépare de l'origine de ce que nous mangeons et de sa préparation, nous devenons de plus en plus étrangers au processus de fabrication de nos propres maisons», observe Brown, qui souhaite désormais diffuser la bonne parole auprès des propriétaires du monde entier et leur enseigner comment mieux soigner leur lieu de vie
Slow Home est le dernier d'une longue série de dérivés de Slow Food, sans aucun doute inspiré par la philosophie contenue dans le manifeste du mouvement: «Nous sommes devenus les esclaves de la précipitation permanente. Nous avons tous succombé au même virus: celui de la Vie en Vitesse, qui a cassé nos coutumes, s'est insinué dans l'intimité de nos maisons et nous pousse à manger du fast food.»

Si, comme le prétend l'analyste politique britannique Geoff Andrews, «Slow Food opère une critique holistique qui a pour but de remettre en question une bonne partie de la philosophie qui sous-tend la globalisation néolibérale: une vie en accéléré, la dégradation environnementale, l'utilisation de produits génétiquement modifiés, l'obésité croissante et, de plus en plus, l'inégalité à l'échelle de la planète», il s'ensuit que le phénomène devrait avoir une portée impressionnante, voire attirer des sympathisants venus d'autres sphères que celle de la nourriture elle-même. II n'y a donc rien de surprenant à ce que dans son livre ln Praise ofSlow («éloge de Slow»), le journaliste Cari Honoré parle d'un mouvement Slow étendu à l'échelle de la planète, englobant la nourriture, les villes, la médecine, le sexe et le travail. On trouvera confirmation de cette idée en surfant sur le web, notamment du côté des blogs. Allez sur Google, tapez «Slow» et un mot de votre choix et vous ne manquerez pas d'en découvrir des déclinaisons inédites. «Slow Travel», pour le voyage, suggère ainsi: «Ralentissez, immergez vous dans la culture locale et épargnez vous la frénésie des visites de monuments menées tambour battant. Slow Travel: une magnifique façon de voyager!» Mais il existe aussi un «Marketing Slow», qui «se concentre sur les rapports humains, de personne à personne, à l'abri du stress ambiant, plutôt que de s'adresser à ces masses indistinctes qui constituent la cible des annonceurs télé.» II y a aussi le "Slow Sex " le meilleur lieu pour ralentir, c'est au lit». Et même le rasage estampillé «Slow», «pour un rasage attentif, c'est à dire un travail bien fait». Émanant de toutes couches de la société, les Slow ceci et les Slow cela sont nombreux et se classent du plus raisonnable au parfaitement incroyable

Certains de ces dérivés peuvent se targuer d'excellente références, parfois au-delà du label Slow Food. La promotion des festivals de musique traditionnelle «Slow Folk», par exemple, est une aventure dont Slow Food et MEI («Meeting Etichette Indipendenti», la rencontre des labels indépendants) partagent

la responsabilité. Derrière

cette initiative, un raisonnement simple: pour comprendre totalement un produit alimentaire, il faut connaître son contexte culturel de la musique à l'histoire, en passant par les traditions orales, l'architecture et le paysage. Quant à «Slow Cities», c'est un réseau international de conseils municipaux qui travaillent à améliorer la qualité de vie dans leur ville en se basant sur une charte commune. Enfin, «Slow Food on Film» fête les courts métrages consacrés au bonheur de manger et a inspiré de nombreux autres festivals identiques à travers le monde.

Après avoir célébré son 10' anniversaire l'année dernière, Slow s'apprête à fermer boutique. Le prochain numéro, le 58, sera le dernier dans l'histoire de ce journal. Sans prétendre à l'exhaustivité, les pages qui suivent démontreront la portée des concepts liant lenteur et alimentation à travers le monde grâce à un tour d'horizon de quelques-uns des phénomènes que ces idées ont pu inspirer. Tandis que Slow Food continue, de son côté, à faire naître des réseaux interconnectés (entre les universités, le monde de la restauration et celui de sa philosophie ne cesse de souffler des idées neuves aux quatre coins de la planète.

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/182593/20824883

Voici les sites qui parlent de Slow Slow Slow:

Commentaires

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

juin 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            

Papilles ...

BlogLog

Blog powered by TypePad
Membre depuis 10/2004

Bloc Trafic

  • Référencé par Blogtrafic